Lac Baïkal et Irkoutsk, 16-20/10.
Après ce périple en train, notre unique but du lendemain matin : prendre une douche !! Le temps de faire connaissance avec notre guide à la gare d’Irkoutsk, nous nous sommes ensuite mis en chemin pour Listvianka à 70 km de route. Notre hôtel de seulement 9 chambres était très bien situé, juste au bord du lac Baïkal. Seule une route menant au centre du village nous séparait de la plage de galets.
Le lac Baïkal, le plus profond du monde
Après avoir déposé nos affaires, une bonne douche (enfin) et un petit-déjeuner copieux, notre guide nous a emmenés dans un musée géologique dédié à la formation du lac. Les locaux sont très fiers de leur lac, le plus profond du monde, la plus grande réserve d’eau douce du monde, l’eau la plus pure… La chaîne de montagnes et le lac sont nés de la rencontre de 2 plaques tectoniques il y a des millions d’années. La zone subit d’ailleurs de perpétuelles secousses sismiques et un sismographe branché en continu nous démontre la permanente activité de la terre.

Il existe plusieurs centaines d’espèces endémiques au lac Baïkal, dont les 2 plus célèbres. La première est un poisson, l’omul, dont la chair assez grasse pour résister au froid du lac en fait un excellent mets cuisiné à toutes les sauces ! La deuxième espèce est un phoque qui ressemble à un gros obus car lui aussi a su faire des réserves pour survivre à des températures pouvant atteindre les -40°. L’espèce est protégée et la chasse en est désormais interdite. Mais on peut retrouver la « bouille » de Bibifoc chez tous les marchands de souvenirs, sous toutes ses formes possibles et imaginables ! L’animal est facétieux et adore se donner en spectacle en parcourant l’aquarium du musée sur le ventre à l’aller et sur le dos au retour…
Le musée est assez intéressant. On peut également y voir le sous-marin qui a servi à mesurer les 1637 m de profondeur, ainsi que des maquettes des brise-glaces qui transportaient le Transsibérien d’une berge à l’autre avant que la voie de contournement du lac ne soit achevée. Le lac est gelé de novembre à avril. La glace est tellement épaisse qu’il existe des « ice roads » pour traverser de petites distances. Autrefois, avant l’existence des brise-glaces, on construisait même une voie ferrée éphémère sur la glace pour assurer le passage du Transsibérien !
C’est vrai que le lac est énorme et ce n’est pas pour rien que les Russes l’appellent « la mer ». La guide nous apprend que l’eau est tellement pure qu’on peut la boire dès qu’on est à 15m du rivage ! Les paysages sont magnifiques avec ces montagnes qui plongent directement dans le lac. Et nous avons eu une très belle journée ensoleillée pour découvrir le lieu. Nous avons enchaîné avec une petite visite du village encore très traditionnel mais qui se tourne doucement vers le tourisme…

Neige et éco-musée au bord de l’Angara
Le lendemain était une toute autre journée. Il commença à neiger tôt le matin et le mercure n’a pas dépassé le 0 ! On disposait de 2 heures pour visiter un éco-musée au bord de l’Angara constitué d’un village entier pour lequel le temps s’est arrêté au début des années 1900. Avec la neige et le froid qui nous fouettaient le visage, les 2 heures nous ont semblé bien longues, surtout que certaines « maisons-expositions » étaient fermées.

Le temps de comprendre l’organisation administrative et la défense d’un village typique de Sibérie, notre chauffeur nous a ensuite ramenés à l’hôtel pour une activité bien plus agréable : le « banya » (voir notre article sur Ekaterinbourg). Une heure de bien-être et de relaxation avant d’attaquer l’apéro et le dîner dans un petit resto non loin de l’hôtel repéré lors de notre balade de la veille.

Marché de l’omul et dernier soir au bord du lac Baïkal
Le jour d’après, le temps avait à nouveau totalement changé : la neige avait presque disparu. Un grand ciel bleu et un beau soleil nous ont permis de marcher jusqu’au port de pêche du village et de découvrir son marché, avec de l’omul bien sûr ! Juste à côté, sur une plage de galets, sont disposées des dizaines de maisonnettes avec tables et bancs où les locaux viennent déjeuner avec leur nourriture achetée au marché.
Pour notre dernier soir au bord du lac, nous avons assisté à un magnifique coucher de soleil derrière les montagnes.

Une journée à Irkoutsk
Pour notre dernier jour dans la région, nous sommes retournés à Irkoutsk pour une petite visite de la ville. Rien de plus facile : il suffit de suivre la ligne verte qui indique aux touristes les principaux highlights de la ville. A chaque stop, une explication (en russe et en anglais svp !!) sur l’origine et la construction du monument.
C’était un samedi et on a pu voir au moins 6 couples de mariés se faisant prendre en photo à différents endroits de la ville. Dans l’ensemble et par rapport à ce qu’on a pu lire dans le Routard, la cité n’a pas vraiment de charme. Il y a 3 coins de la ville à visiter où sont regroupées l’essentiel des curiosités. L’un d’eux n’est autre qu’un « shopping village » destiné aux touristes et à la jeunesse dorée d’Irkoutsk.
Shopping à Irkoutsk… avec un sac à dos déjà plein
C’est marrant, mais notre intérêt pour les shopping centers a quelque peu changé depuis le début du voyage. On a tout de suite un autre comportement quand le budget est mesuré et surtout lorsqu’on n’a plus de place dans son sac à dos !! La découverte sportswear est sans aucun doute la marque Bosco, équipementier officiel de l’équipe russe pour les JO d’hiver. Ils proposent des vêtements de ski qui, enfin, ne ressemblent pas à des tenues de cosmonautes et surtout des articles assez sympas pour l’après-ski qu’on peut également mettre au quotidien, enfin en hiver !!

Églises, chamanes et musée ethnographique
On a fait le tour des églises orthodoxes de la ville mais la plupart étaient inaccessibles en raison des mariages. En revanche, on a pu découvrir une très belle église catholique. Les confessions sont assez diverses dans cette partie de la Russie : il y a bien sûr l’église orthodoxe mais il y a également les premiers temples bouddhistes, l’église catholique mais aussi les chamanistes. Dans la campagne, chaque village a son chamane, homme ou femme, qui communique soit avec les esprits soit avec les morts.
En allant au musée ethnographique on a pu découvrir l’histoire d’Irkoutsk et de ses peuples. La ville fut ravagée par un terrible incendie en 1879. Aujourd’hui comme partout en Russie, la ville tire sa richesse de ses ressources principalement gazières. On a fini notre balade en contemplant les bords de l’Angara surveillés par la statue des fondateurs de la cité.
Le soir venu, après le dîner et quelques réserves faites, nous avons rejoint la gare. Direction le train qui allait nous faire quitter la Russie et nous emmener dans le froid de la Mongolie. La météo prévoit -5° au plus chaud de la journée et sinon -14°… on va pouvoir tester notre équipement !!

