Enfin un train comme on l’imaginait

Deux locomotives diesel vertes en gare

D’Oulan-Bator à Pékin, 24/10. Depuis le début du trip Transsibérien, il est vrai qu’on a été déçus par les différents trains empruntés : trop modernes, trop vieux, trop sales… Mais le dernier fut le bon !! À 6h11 du matin, en gare d’Oulan-Bator, nous avons découvert un train chinois et notre wagon première classe, nickel chrome et à l’intérieur, ô surprise, un mobilier tout en merisier et tapis épais.

Couloir boisé du wagon première classe, dans le train d’Oulan-Bator à Pékin

Enfin un wagon première classe digne de ce nom

Notre compartiment est agencé avec 2 lits superposés et un large fauteuil face à eux. On découvre un placard et une porte qui donne accès à une salle d’eau partagée avec le compartiment voisin et qui est équipée d’un lavabo avec miroir………… et d’une douche !! Mais pourquoi a-t-il fallu attendre le dernier et l’un des plus courts voyages pour avoir de telles prestations ??? Dans le même wagon, on a retrouvé les 5 Américains, les 2 Costaricains et le couple de Chinois, dont la femme semblait heureuse de retourner chez elle et d’avoir un train tout confort !! Le mari, lui, semblait porter toute la fierté du chemin de fer chinois, car tous les touristes étrangers étaient ravis de voyager dans de si bonnes conditions.

Lecture sur la couchette de notre compartiment en merisier

Changement d’essieux à la frontière chinoise

La nuit venue, nous avons fait nos lits. Personnellement, et même si le matelas manquait d’épaisseur, je n’ai jamais aussi bien dormi dans une couchette depuis le début de notre trip ferroviaire. Du moins après avoir passé la douane chinoise vers les 1h du matin !! À 19h, le train s’est arrêté à la dernière gare mongole et nous avons eu droit au même défilé de douaniers qu’à l’entrée dans le pays. Nous sommes restés dans le wagon pendant près de 3h à attendre le retour de nos passeports, temps pendant lequel nous en avons profité pour dîner.

Wagon soulevé par des vérins pour le changement d’essieux à la frontière chinoise

Le train a ensuite traversé la frontière pour stopper à nouveau pendant 2h. C’est à ce moment que nous avons assisté à une manœuvre inédite !! Le train a été sectionné en plusieurs morceaux de 5 wagons qui ont été placés sur des voies parallèles dans un énorme hangar où s’affairaient des dizaines d’opérateurs avec gilets et casques de sécurité. Chaque wagon est ensuite détaché et séparé de quelques mètres de son prédécesseur.

En fait, les rails russes et mongols sont différents des autres et il est nécessaire de changer tous les essieux ! Ainsi des vérins pneumatiques disposés aux 4 coins de chaque wagon les soulèvent à environ 1m30 de hauteur. Les anciens essieux sont regroupés et roulent vers le fond du hangar. Les nouveaux, arrivant par l’autre bout, les remplacent quasi immédiatement. Les wagons sont ensuite redescendus et nous n’avons absolument rien senti : la plupart des occupants n’ont même rien vu et ont continué leur nuit si j’en crois les ronflements de nos chers voisins de compartiments !

D’Oulan-Bator à Pékin, entre montagnes et tunnels

Montagnes rocailleuses vues du train d’Oulan-Bator à Pékin

Quand le jour s’est levé, le paysage était à la hauteur de notre moyen de locomotion et nous restions subjugués par les barrières de montagnes et les rivières que nous traversions. Nous étions tous aux fenêtres pour prendre des photos. À chaque sortie de l’un des innombrables tunnels qui transperçaient la roche nous découvrions un autre paysage ou un autre angle des falaises rocailleuses.

Rivière et pont au milieu des montagnes, avant d’arriver à Pékin

Absolument magnifique… s’est donc ouvert un concours de photos entre le Texan et moi, Nikon contre Canon, à celui qui réalisera le plus beau cliché ! Il avait largement plus d’expérience que moi et il était bien mieux équipé avec une batterie d’objectifs. OK, j’avoue, j’ai paumé 🙁 mais il aimait beaucoup mon « bleu » du ciel, très vif et soutenu grâce aux réglages de mon reflex en mode personnalisé.

Les montagnes ont ensuite laissé la place à la banlieue de Pékin et de gigantesques barres d’habitation de 30 étages ont fait leur apparition à perte de vue. La ville compte près de 20 millions d’habitants et il faut bien les loger…

Adèle+Thomas

Un couple d’Alsaciens qui décide de tout quitter en 2013 afin de découvrir le globe. Passionnés de gastronomie, de culture, de sports et de photographie, ce ne sont pas moins de 30 pays qui ont été visités à ce jour. Rertouvez nos aventures sur ce blog et sur les réseaux sociaux.

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