5/11.
C’est à Xi’an qu’on décida de modifier la suite de notre parcours. Initialement on devait passer par Wuhan afin de voir la ville fortifiée de Jingzhou pour ensuite enchaîner par Lushan pour admirer les falaises drapées de brume et enfin nous poser quelques jours à Nanjing(Nankin). Profitant des 3 jours restés à Xi’an pour relire les itinéraires conseillés par le Lonely, on a préféré opter pour une croisière sur le Yangzi avec le passage des Trois Gorges, à priori tout aussi incontournable que la Grande Muraille et la Cité Interdite.

La journée commença donc par trouver une agence pour trouver des billets “pas trop chers“. Satisfaits par la prestation de notre cher Mr Gao à Datong et de l’agence CITS (China International Travel Service) pour laquelle il travaillait, nous avons contacté le bureau de Xi’an pour organiser la suite de notre séjour. En nous rendant sur place, impossible de trouver quelqu’un dans l’agence qui parlait anglais, on nous a fait monter au 5ème étage sur la plateforme qui gérait des voyages dans le monde entier. Une responsable des ventes du département US/GB nous a accueilli dans son bureau, caché derrière des dizaines de box de téléopérateurs.

Parlant un anglais parfait, elle s’est occupée de nous et nous a trouvé un vol pour relier Xi’an à Chongqing, une cabine dans un bateau allant de Chongqing à Yichang ainsi que des billets de train (haute vitesse) pour rejoindre Nanjing. Ce qui fera bien sûr l’objet d’un prochain article sur le blog…
Les réservations effectuées, on a pu enfin prendre la route à l’est de la ville, vers la fameuse armée des soldats en terre cuite. C’est en 1974 que de paysans creusant un puits, sont tombés sur ce qui allait devenir l’un des plus célèbres sites archéologiques du pays, renfermant une armée de soldats enfouis depuis plus de 2000 ans. L’empereur à l’époque, Qin Shi Huang, craignait les esprits l’attendant dans l’au-delà et fit construire une armée complète avec infanterie, cavalerie, archers et autres chars. En suivant le Lonely Planet qui conseille de garder le meilleur pour la fin, on a fait la visite à l’envers en commençant par la fosse n°3 puis la n°2 et enfin la n°1. C’est louable car on découvre les sites crescendo mais perso, je trouve qu’on est du coup “un peu“ moins impressionné quand on attaque la dernière (donc la n°1 si vous me suivez toujours) !!
En fait quand on dépasse les portes du site, on se retrouve sur une large place avec devant nous les fosses 1 et 2 et le musée sur notre droite. Au début, on était un peu perdu car on ne voyait que des bâtiments énormes alors qu’on s’attendait à voir un site de fouilles en plein air. Et ben non, la fosse n°1 est à l’intérieur d’un gigantesque hangar type SNCF et le fosse n°2 est sous un imposant blockhaus de béton ressemblant à un palais des congrès !
On se faufile entre les 2 bâtiments pour atteindre la fosse n°3 qui ne contient que 68 soldats et 4 chevaux. Première “déception“ les soldats sont 8 m plus bas que la plateforme qui nous permet de les observer et du coup je zoome à fond sur mon appareil photo pour prendre des clichés en plan serré de nos guerriers en terre. Le guide nous annonce que chaque soldat est différent, encore faut-il pouvoir les observer de près…
Après cet avant-goût de seulement 72 statues, nous étions impatients de découvrir la fosse suivante avec 1300 sujets annoncés ! En rentrant on est tout d’abord impressionné par la taille du hall dans lequel on pourrait organiser un concert des Rolling Stones. A nouveau les soldats sont en contrebas et on ne peut les observer qu’à distance mais il a été prévu d’en placer 5 dans des vitrines accessibles pour admirer le travail exceptionnel des ouvriers de l’époque. Sauf que pour faire des photos derrière une vitre en verre avec 10000 pèlerins autour, tu peux t’accrocher pour espérer réussir un cliché correct !
Sur chaque soldat exposé (un archer agenouillé, un archer debout, un cavalier, un officier et un général), on peut passer 10 minutes à admirer les expressions et les détails remarquables : c’est franchement hallucinant et on a du mal à s’imaginer qu’il y en a près de 8000 comme ça avec chacun une expression différente afin de les rendre unique !! En observant cette fosse n°2, il est absolument impossible d’en distinguer les 1300 promis car d’une part les soldats sont en morceaux, couchés ou empilés dans les tranchées de roche, et d’autre part les excavations sont toujours en cours.
Enfin, nous pénétrons dans le “hangar“ dont la taille nous impressionne encore plus une fois à l’intérieur et à nouveau le regard se porte d’abord sur le toit et sa structure et on se surprend à chercher “l’autre côté“ tellement la distance avec le fond semble éloignée (230 m). Contrairement à la fosse n°3 par laquelle on a débuté la visite et après s’être frayé un chemin jusqu’à la rambarde de la plateforme, on est complètement perdu et on ne sait où regarder !! Devant nous, il y a 11 tranchées d’environ 3 m de large entièrement pavées avec les soldats postés et prêts pour le combat. Il y en a des centaines, des milliers………… en fait 2000 pour être exact sur les 6000 que compterait la fosse. C’est très impressionnant !!! Même si on regrette de les voir de si loin…

A nouveau, je zoome à fond et seulement armé de mon 24-105, je regrette de ne pas avoir de focales plus puissantes, un 70-300 ou un 100-400 aurait été parfait pour saisir les détails de chaque visage et cette fois sans vitre devant, pleine de doigts et de reflets !! En resizant sur le Mac, j’ai quand même réussi à sortir quelques photos sympas. Plus qu’un long discours, les photos parlent d’elles- mêmes :
Pour finir la journée, on a conclu la visite par le musée dans lequel on peut retrouver deux chariots en bronze déterrés près du tombeau de Qin Shi Huang, situé à 1,5 km à l’ouest de l’armée enterrée. D’après les récits historiques, ce tombeau contiendrait des palais remplis de pierres précieuses où couleraient des rivières de mercure… Il aurait été construit par 700.000 hommes pendant 38 ans, tous enterrés vivants pour ne pas trahir ses secrets. Mais pour le moment, personne ne l’a vérifié car l’Etat ne souhaite pas démarrer les fouilles tant que les technologies ne seront pas prêtes pour ne pas abîmer le contenu du tombeau et notamment la momie de l’empereur. Lors de l’excavation de l’armée enterrée, les soldats avaient été laissés à l’air libre ce qui avait entraîné la perte des pigments colorés utilisés à l’époque pour décorer visages et armures…

Il existe de nombreuses controverses et polémiques à propos de l’origine de cette armée mais de la Chine, quand on saisit sur Google le nom des auteurs ou de leurs livres contestataires, les résultats de la recherche aboutissent tous sur des pages………… introuvables !!! Il n’existerait pas de datations irréfutables mais l’armée des soldats en terre cuite est tout de même inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.