Kgalagadi, décembre 2025. Pour notre quatrième séjour au Kgalagadi Transfrontier Park, on pensait connaître la chanson : de longues pistes de sable, des heures à scruter les lits asséchés des rivières, beaucoup de chaleur et quelques belles rencontres si la chance voulait bien coopérer.
Mais cette fois, le Kgalagadi avait visiblement prévu un programme spécial Noël.
En 8 jours, on aura compté pas moins de 28 lions, auxquels sont venus s’ajouter un léopard, quatre guépards, des meutes de girafes et toute la collection des “boks” habituels. À ce niveau-là, ce n’était plus vraiment un safari, c’était un défilé.
Avec, entre deux félins, des orages suffisamment violents pour transformer les pistes et les campings en piscines naturelles. Parce que le désert ne fait pas les choses à moitié.
Notre Noël au Kgalagadi en vidéo
A travers cette vidéo, on a essaye de partager l’ambiance de notre séjour, avec le festival de grands fauves mais aussi l’ambiance « game drive » de la journée.
Le Kgalagadi, à seulement une grosse journée du Cap
Le Kgalagadi Transfrontier Park se trouve à l’extrême nord de l’Afrique du Sud, le long des frontières du Botswana et de la Namibie. Depuis Le Cap, il faut parcourir environ 1 076 kilomètres pour atteindre l’entrée de Twee Rivieren. Une bonne journée de route, donc, mais encore suffisamment proche pour organiser un séjour de quelques jours sans devoir prendre l’avion.
Ce qui rend le parc si particulier, ce sont ses paysages de dunes traversés par les lits presque toujours secs des rivières Auob et Nossob. Les animaux se concentrent autour des points d’eau aménagés le long des pistes, ce qui permet de les observer sans avoir à quadriller des milliers d’hectares au hasard.
Sauf que par temps de pluie, les animaux se contrefichent des points d’eau, vu qu’il y a de l’eau partout !
Si certains jours, on peut rouler pendant des heures sans voir autre chose qu’un springbok qui mâchouille tranquillement en nous regardant gaspiller du carburant. Parfois, sans prévenir, un lion apparaît au bord de la piste.
C’est précisément pour ces moments-là qu’on revient.
Quatrième séjour, mais première tournée complète des campings
Pour une fois sur un même séjour, on décide de camper dans les 3 principaux camps de la partie sud-africaine du parc : Twee Rivieren, Nossob et Mata-Mata. Ce sont les trois seuls camps du secteur équipés de véritables emplacements de camping.
Twee Rivieren constitue la porte d’entrée du parc et son principal centre logistique. On y trouve notamment une station-service, une petite boutique, un restaurant et même de la 3G. Autrement dit, le grand luxe.
Plus on remonte vers Nossob ou Mata-Mata, plus la sensation d’isolement se renforce. Les routes deviennent de longues pistes de sable bordées d’herbes sèches et d’acacias. Les horaires ne se mesurent plus vraiment en kilomètres, mais en points d’eau, en lions endormis au milieu de la piste et en arrêts photo qui devaient durer trente secondes.
Dans les campings, notre comité d’accueil change légèrement de celui des hôtels traditionnels. Tous les soirs, les suricates viennent inspecter les environs pendant que des mille-pattes géants se promènent tranquillement entre les emplacements.
Certains partent en vacances avec un service de conciergerie. Nous, on avait des suricates et des arthropodes.
Honnêtement, on n’a rien perdu au change.
Vingt-huit lions en huit jours au Kgalagadi
Dès les premiers game drives, les lions sont au rendez-vous.
On en observe seuls, en petits groupes ou en couple. Certains se reposent à l’ombre des arbres, d’autres avancent dans le lit asséché de la rivière avec cette démarche lente et parfaitement assurée des animaux qui savent que personne ne viendra leur demander de se pousser.
Au fil des jours, le compteur grimpe : dix, quinze, vingt… Puis vingt-huit lions en huit jours.




Même pour le Kgalagadi, réputé pour ses grands prédateurs, la série est exceptionnelle. Et même après quatre séjours dans le parc, l’apparition d’une crinière au milieu des herbes provoque toujours le même effet : on coupe le moteur, on attrape les jumelles et on oublie instantanément qu’il fait plus de quarante degrés dans la voiture.
À chaque rencontre, on se dit qu’il s’agit probablement du dernier lion du séjour. Puis un autre apparaît quelques kilomètres plus loin. On a connu des problèmes plus difficiles à gérer.


Un léopard et quatre guépards pour compléter le tableau
Comme si les lions ne suffisaient pas, le parc nous offre également un léopard.
Avec lui, la rencontre paraît toujours plus improbable. Contrairement aux lions, qui ne font parfois aucun effort pour passer inaperçus, le léopard peut disparaître derrière un buisson avec une facilité presque vexante.

On scrute chaque arbre, chaque ombre et chaque mouvement suspect. Et quand on finit par le repérer, le reste du paysage cesse immédiatement d’exister.
Quatre guépards viennent également compléter notre collection de félins. Leur silhouette élancée se découpe parfaitement dans les grandes plaines ouvertes du Kalahari. C’est dans ce type de décor que l’on réalise à quel point ils sont construits pour la vitesse : longues pattes, taille fine et regard fixé sur l’horizon.



Entre les lions, le léopard et les guépards, on se demande presque s’il restera suffisamment de place dans l’article pour parler des autres animaux.
La grande collection des “boks”
Heureusement, le Kgalagadi ne se résume pas à ses prédateurs.
Tout au long des pistes, les springboks nous accompagnent par dizaines. Les gemsboks avancent avec leurs longues cornes et cette allure majestueuse qui leur permet de rester photogéniques même lorsqu’ils ne font absolument rien.




On croise également des girafes, toujours légèrement improbables dans ce décor sans arbre haut. Elles se déplacent entre les acacias en semblant dépasser du paysage, comme si quelqu’un les avait ajoutées après coup sans vérifier l’échelle.

Et pendant ce temps-là, dans le ciel…
Avec tous ces félins, on pourrait facilement oublier de lever les yeux. Ce serait une erreur : le Kgalagadi est aussi un formidable terrain d’observation pour les oiseaux. Les grands rapaces profitent des courants d’air au-dessus des plaines, quand ils ne surveillent pas les environs depuis la branche d’un acacia. Plus bas, les calaos à bec jaune passent d’un arbre à l’autre, tandis que les oiseaux-secrétaires arpentent le sol sur leurs longues pattes avec l’allure de quelqu’un qui se rend à une réunion importante. On croise également une imposante famille d’autruches et plusieurs chouettes, dont une accompagnée de son petit. Entre les vols parfaitement maîtrisés et les regards sévères depuis les branches, les oiseaux auront finalement presque autant monopolisé nos appareils photo que les lions. Presque.








Noël sans clôture à Gharagab
Pour le réveillon de Noël, on décide de s’isoler encore davantage en passant la nuit au Gharagab Wilderness Camp.
Gharagab fait partie des camps sauvages non clôturés du parc. Il n’y a donc aucune barrière entre les hébergements et les animaux. À partir de là, l’expression « au cœur de la nature » cesse d’être une formule publicitaire.

Pour rejoindre le camp, un 4×4 est conseillé. Y a que du sable et quelques mini dunes à passer, mais rien de bien méchant ! Une fois sur place, on comprend rapidement que les règles habituelles doivent être légèrement adaptées.
On nous apprend notamment à installer des grilles devant les pneus de notre véhicule. Non pas contre les voleurs, ils ne sont pas très nombreux dans le secteur, mais pour empêcher les lions de venir les mâchouiller pendant la nuit. Vous ne voyez pas à quoi ça ressemble ? Allez voir la vidéo, Adèle vous l’explique !
On avait déjà passé des réveillons avec des consignes particulières. Mais « pensez à protéger la voiture pour que les lions ne mangent pas les pneus » était une première.
Une fois la nuit tombée, Gharagab devient totalement silencieux et on ressent l’isolement et aussi la vulnérabilité de se retrouver seul au milieu de la nature sauvage. Enfin presque seul, un ranger veille tout de même sur les 4 cabines du camp.


Pour l’ambiance de Noël, il manque peut-être les guirlandes et la neige. Pour le dépaysement, en revanche, c’est difficile à battre.
Quand le désert se transforme en piscine
Décembre correspond à la saison chaude et humide du Kgalagadi. Pour la chaleur, aucun doute : elle est bien présente.
Mais cette année, la pluie décide également de participer au séjour.

En huit jours, on essuie trois gros orages. Le ciel devient noir, le vent se lève et, en quelques minutes, des trombes d’eau s’abattent sur un paysage que l’on imagine habituellement incapable de produire autre chose que de la poussière.
Les pistes se couvrent d’eau. Les creux se remplissent. Et nos emplacements de camping se transforment en pataugeoires.
Quand on part camper dans le désert du Kalahari, on pense à emporter de l’eau, de la crème solaire et des vêtements légers. On pense un peu moins aux chaussures permettant de traverser son propre emplacement sans avoir de l’eau jusqu’aux chevilles.

Entre deux orages, la chaleur revient rapidement, mais le décor a changé. Le sable est plus sombre, les flaques reflètent le ciel et les animaux profitent eux aussi de cette abondance inhabituelle. En 4 séjours, on n’a jamais connu le désert aussi « vert », avec des herbes folles recouvrant les dunes rouges.
Le désert vient de rappeler qu’il n’est pas toujours sec. Il choisit simplement très soigneusement ses moments.
Huit jours de game drives inoubliables au Kgalagadi
Au bout de huit jours, il faut reprendre la route vers Le Cap.
On quitte le Kgalagadi avec du sable absolument partout, du matériel de camping encore humide et une quantité probablement excessive de photos de lions.
Mais surtout, on repart avec la confirmation qu’après quatre séjours, ce parc arrive toujours à nous surprendre, avec un festival de bestioles !
Le Kgalagadi reste encore assez peu connu, notamment par rapport au parc Kruger. Pourtant, depuis Le Cap, il suffit d’une grosse journée de route pour rejoindre l’un des paysages les plus sauvages d’Afrique australe.
Et l’aventure ne s’est pas tout à fait terminée à la sortie du Kgalagadi. Sur la route du retour vers Le Cap, on a prolongé le voyage par une nouvelle étape dans le Tankwa Karoo, entre pistes désertiques, paysages immenses et chaleur toujours aussi généreuse. Une traversée à découvrir dans notre vidéo : voir notre étape dans le Tankwa Karoo.


