8 jours à Zanzibar : repos oui, coup de cœur non

Boutres échoués sur la plage à marée basse à Zanzibar

Décembre 2019. Pour terminer l’année au soleil, on voulait quelque chose de très simple : ne rien organiser, ne rien cuisiner. Et, si possible, ne prendre aucune décision plus importante que le choix du prochain cocktail.

Après une année bien remplie, on avait surtout besoin de repos. Pas de road trip, pas de tente à monter, pas de game drive à l’aube et pas de programme chronométré. Cette fois, ce serait hôtel en formule tout compris, transat, piscine et immense plage de sable blanc. Sur le papier, Zanzibar cochait toutes les cases.

Dans la réalité, le séjour nous aura bien permis de nous reposer. Mais pour le petit coin de paradis sans fausse note, il faudra repasser.

Quand l’agence de voyages a besoin de l’aide de ses clients

On n’avait pas vraiment le temps de s’occuper de l’organisation. On a donc fait appel à Flight Centre, une franchise d’agences de voyage. Le principe : nous simplifier la vie, trouver les bons vols et assembler le séjour, sans passer des soirées entières devant un comparateur.

C’était en tout cas le concept.

La personne chargée de notre voyage ne semblait malheureusement pas très à l’aise avec notre dossier. À tel point qu’Adèle a fini par chercher elle-même certains vols. On a donc payé une agence pour gagner du temps, avant de participer nous-mêmes à l’organisation du voyage. Une formule semi-tout-compris, en quelque sorte.

Le trajet aller nous a vite confirmé que rejoindre le paradis pouvait demander quelques sacrifices. Depuis Cape Town, il nous a fallu prendre 3 avions. D’abord un vol jusqu’à Johannesburg et une nuit sur place. Puis un passage par Nairobi, avant d’atterrir enfin à Zanzibar le lendemain soir.

Après tout ça, il ne restait « que » 1 h 30 de route pour atteindre l’hôtel. Notre van était pourtant confortable, mais le trajet nous a paru interminable pour finalement arriver juste à temps pour le diner. Soit plus de 30h pour ce petit voyage ! À ce stade, dix minutes de plus auraient sans doute été une atteinte aux droits fondamentaux du voyageur fatigué.

Le Kena Beach Hotel, notre camp de base à Zanzibar

On avait réservé huit jours au Kena Beach Hotel, près de Kigomani, sur la côte nord-est de Zanzibar. Un établissement quatre étoiles en formule all inclusive, installé au milieu des palmiers et à quelques pas de l’océan Indien.

À notre arrivée, l’ensemble avait plutôt fière allure. Des bâtiments aux toits de chaume, un jardin tropical très soigné, une piscine et surtout un accès direct à une immense plage de sable blanc. Exactement ce qu’on était venus chercher.

Bâtiment au toit de chaume au milieu du jardin tropical de l’hôtel

La première nuit a toutefois été moins reposante que prévu. De notre chambre, on pouvait entendre un prédicateur sermonner ses ouailles une bonne partie de la nuit. Dès le lendemain, on a demandé à être placé de l’autre côté de l’hôtel, un peu plus loins du village voisin. Heureusement, le personnel s’est montré sympathique et a vite trouvé une solution.

Cela résume assez bien notre impression sur l’hôtel : un personnel agréable et volontaire, un cadre plaisant, la nourriture était excellente. Mais un niveau général pas tout à fait à la hauteur d’un quatre étoiles payé assez cher. L’entretien de certaines installations laissait notamment à désirer.

Avec le recul, on pense surtout qu’il faut choisir clairement son camp à Zanzibar. Soit on joue la carte « roots » jusqu’au bout, avec une petite adresse typique, plus simple mais aussi plus authentique, en acceptant que le confort ne soit pas toujours irréprochable. Soit on mise sur un établissement vraiment haut de gamme pour retrouver les prestations et le niveau de service d’un grand resort.

Entre les deux, le rapport qualité-prix nous semble plus compliqué. On a regardé plusieurs autres complexes le long de la plage et notre hôtel ne paraissait pas être une exception : beaucoup d’établissements de gamme intermédiaire promettent une expérience luxueuse sans toujours en offrir le niveau d’entretien, de service ou de finition. C’est probablement dans cette catégorie que le risque de déception est le plus grand.

Une plage immense, des cocktails et beaucoup de nuages

Le programme de nos journées était volontairement peu ambitieux : petit-déjeuner, plage, piscine, déjeuner, nouvelle tentative de plage, apéritif et dîner. Un emploi du temps difficile à tenir, mais on s’est appliqués.

La météo ne nous a malheureusement pas offert la carte postale permanente qu’on imaginait. Le ciel est souvent resté très nuageux pendant le séjour. Il faisait chaud, ce qui était déjà appréciable. Mais la lumière grise et les passages pluvieux donnaient parfois à l’océan Indien un petit air de Bretagne tropicale.

Cela ne nous a pas empêchés de profiter de la plage devant l’hôtel. Longue, très large et recouverte d’un sable presque blanc, elle était parfaite pour marcher pendant des kilomètres. On partait généralement se promener en fin d’après-midi. Officiellement pour découvrir les environs, officieusement pour faire passer le temps jusqu’à l’apéritif.

Longue plage de sable blanc bordée de palmiers sur la côte nord-est de Zanzibar

À marée basse, la mer se retirait très loin et découvrait une grande étendue de sable, ponctuée de barques traditionnelles… et de beaucoup d’algues. Les couleurs restaient magnifiques, même sous les nuages. Cela donnait au paysage une atmosphère beaucoup plus calme que les images très saturées des brochures touristiques.

Boutre posé sur l’eau à marée basse à Zanzibar

Les habitantes les plus inattendues de la plage étaient toutefois les vaches. Après avoir quitté leur pâturage, elles venaient s’installer tranquillement sur le sable, parfois en troupeau. Comme si elles avaient, elles aussi, réservé une semaine en all inclusive.

Vaches couchées sur la plage devant l’hôtel, à Zanzibar

Un scooter pour sortir un peu de l’hôtel

Au bout de quelques jours, notre rythme plage-piscine-cocktail a tout de même commencé à montrer ses limites. On a donc loué un scooter pour explorer la côte un peu plus loin.

Cette sortie ne nous a pas soudainement transformés en aventuriers intrépides. Mais elle nous a permis de quitter l’environnement très encadré de l’hôtel, de traverser quelques villages et de découvrir d’autres portions de plage.

Scooter de location sur une plage de Zanzibar

On retrouvait partout les boutres et les petites embarcations de pêche posés sur l’eau ou échoués à marée basse. L’île semblait vivre au rythme de l’océan, très loin du fonctionnement bien réglé des resorts.

Cette escapade nous a aussi rappelé que Zanzibar ne se résume pas à un transat et à un bracelet donnant accès au buffet.

Le spectacle quotidien devant les transats

Sur la plage, des hommes habillés en tenue masaï venaient régulièrement danser devant les touristes pour obtenir quelques billets. S’agissait-il réellement de Masaï ou d’une animation spécialement adaptée aux attentes des vacanciers ? Difficile à dire.

La première fois, le spectacle était plutôt sympathique. Le lendemain matin, un peu moins surprenant. L’après-midi, encore un peu moins. Et lorsqu’il se répétait tous les jours, parfois matin et après-midi, l’enthousiasme finissait sérieusement par diminuer.

On comprend évidemment que chacun cherche à gagner sa vie grâce au tourisme. Mais quand on est venus précisément pour se reposer, décliner plusieurs fois par jour les mêmes sollicitations finit par fatiguer. Au bout de quelques jours, on évitait carrément certaines heures pour être un peu tranquille.

Une journée à Stone Town, la vieille ville de Zanzibar

Ruelle étroite de Stone Town, la vieille ville de Zanzibar

Pour ajouter une petite dose de culture à cette semaine de repos, on a consacré une journée à Stone Town, le centre historique de Zanzibar City.

Le contraste avec notre hôtel a été immédiat. Ici, plus de longues plages silencieuses ni de jardins parfaitement taillés. On s’est retrouvés dans un dédale de ruelles étroites, entre vieilles façades, portes sculptées, fils électriques, scooters et petites échoppes.

On a visité la cathédrale anglicane et le mémorial de l’ancien marché aux esclaves. Un lieu important, beaucoup plus grave que le reste de la promenade, qui aide à comprendre une partie de l’histoire de l’île.

On a poursuivi avec le Vieux Fort, les jardins de Forodhani, la Maison des Merveilles et le musée du Palais du Sultan. Certains bâtiments avaient visiblement connu des jours meilleurs. Mais c’est aussi ce qui donne à Stone Town cette atmosphère particulière, mélange d’influences africaines, arabes, indiennes et européennes.

On est aussi passés devant la maison natale supposée de Freddie Mercury. Transformée en hôtel, elle est devenue une étape incontournable de toute visite touristique. On ne viendrait sans doute pas à Zanzibar juste pour elle, mais puisqu’on était devant, autant cocher la case.

Cette journée a finalement été l’une des plus intéressantes du séjour. Elle nous a permis de voir une autre facette de Zanzibar et de sortir, au moins un moment, de notre bulle touristique.

Un réveillon les pieds dans le sable à Zanzibar

Pour le passage à l’année 2020, l’hôtel avait organisé un grand dîner en plein air. Les tables avaient été installées dans les jardins et les palmiers décorés. Les cuisiniers préparaient poissons, viandes et fruits de mer devant les clients.

Il y avait même un énorme gâteau pour souhaiter la bienvenue à 2020. Quand on repense à ce que cette année allait réserver à la planète quelques semaines plus tard, le message paraît aujourd’hui légèrement ironique.

Mais ce soir-là, on n’en savait évidemment rien. On profitait simplement de la chaleur, des cocktails et de notre dernière soirée sur l’île.

Alors, Zanzibar : bonne ou mauvaise idée ?

Notre bilan reste partagé.

On était venus pour nous reposer et, de ce côté-là, le contrat a été rempli. On a passé huit jours au chaud, marché sur une plage immense, bu quelques cocktails, exploré la côte en scooter et découvert Stone Town.

Saut de joie sur la plage de Zanzibar à marée basse

Mais on avait payé ce séjour assez cher (saisonnalité, commission de l’agence ???) et on s’attendait à un niveau de confort supérieur. En comparaison avec certains resorts que l’on avait connus à Playa del Carmen, au Mexique, le Kena Beach Hotel nous a semblé bien en dessous. L’entretien n’était pas au niveau attendu et la météo très nuageuse n’a évidemment pas aidé à rendre l’expérience plus mémorable.

Zanzibar est souvent proposé en complément d’un safari dans les parcs tanzaniens. Quelques jours à observer les animaux, suivis d’une pause au bord de l’océan pour récupérer des réveils matinaux et des heures de piste. Comme on connaît déjà plutôt bien les safaris en Afrique du Sud, on a volontairement sauté cette partie pour nous concentrer sur le repos.

C’est peut-être aussi ce qui a rendu nos attentes plus élevées. Quand Zanzibar sert de récompense après une semaine de game drives, une piscine, une plage et un cocktail suffisent sans doute au bonheur de tout le monde. Mais quand le séjour balnéaire est tout le voyage, on devient forcément plus attentif à l’hôtel, au service et aux petits défauts.

Retour au Cap et verdict sur Zanzibar

Le retour vers Cape Town a heureusement été beaucoup plus simple : seulement 2 vols, de Zanzibar à Nairobi puis de Nairobi au Cap. Après l’expédition de l’aller, ça ressemblait presque à un vol direct.

Au final, on ne regrette pas ce voyage. On s’est reposés, et c’était bien son objectif principal. Mais Zanzibar n’aura pas été le grand coup de cœur espéré. Si on devait y retourner, ce serait probablement après un safari et dans un établissement nettement plus haut de gamme.

Parce que parfois, pour ne vraiment rien faire, il faut quand même bien préparer son voyage.

Adèle+Thomas

Un couple d’Alsaciens qui décide de tout quitter en 2013 afin de découvrir le globe. Passionnés de gastronomie, de culture, de sports et de photographie, ce ne sont pas moins de 30 pays qui ont été visités à ce jour. Rertouvez nos aventures sur ce blog et sur les réseaux sociaux.

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